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Histoire des ashkenazim

 

 

 

Sommaire

  1. Les origines
  2. De l'époque médiévale à l'époque moderne
  3. L'époque contemporaine
  4. Mémorial pour les victimes des camps

 

Les origines

 

A. L'exil

Avant même la destruction du temple en 70 ap. E.C, des communautés juives peuplaient l'Europe. Surtout autour des rives de la mer Adriatique ou Balkanique, mais aussi en Grèce, dans le sud de la France et en Bessarabie ; les premières diasporas ne sont pas celle de l'exil forcé. Se sera bien plus tard, après le raid de Titus et les déportations massives d'Adrien, que la population juive vit en transit. La communauté à Rome sera de loin la plus importante et la plus organisée des communautés de Galouth. Mais qu'est ce qui distingue les premières populations ashkénazim ? Le terme ashkénaze n'est posé qu'au Moyen-âge pour parler des juifs du bassin rhénan. S'il existe bien une distinction à l'époque, elle repose sur l'utilisation de la Mishna qui n'est (au IIe siècle) qu'à ses balbutiements.        

Bien sur, l'ensemble de la communauté, même en diaspora, l'utilisera très vite. Il est alors presque impossible de différencier dans l'antiquité quelles populations juives deviendront ashkénazes et d'autres seront sépharades.

 

B. Les premières communautés ashkénazes

Avec la reprise de persécutions au IVe siècle, celles-ci pousseront une partie de la communauté juive à fuir le Latium pour la Rhénanie. Elle s'installe alors dans le bassin rhénan, mais aussi sur les rives du Rhône. Selon les registres, il est même certains que des populations dès l'antiquité peuplaient des villes comme Mayence ou Cologne (villes fondées par les Romains). Le Bas-Empire Romain d'occident (jusqu'à sa destruction finale en 476) offre assez peu de sources historiques quant au sort des juifs lors des Grandes Invasions. Mais il est certain que la communauté ashkénaze apparaît culturellement au contact des peuples germaniques. Or, parallèlement, les derniers Juifs de Galilée migrent pour une grande partie d'entre eux en Iraq mais également en Crimée. Les rabbins fuyant pour la Crimée emporteront avec eux la première version du Talmud appelé "Talmud de Jérusalem." Voici la véritable distinction possible entre les deux grandes communautés juives : le Talmud utilisé.

 

Lexique

 

- Ashkénazes :

Juifs d'Europe

- Mishna :

Talmud dit de "Jerusalem"

- Sépharades ou séfarades :

Juifs d'Espagne et/ou du bassin méditerranéen

 

De l'époque médiévale à l'époque moderne

 

A. Les juifs dans l'occident chrétien

Les grandes invasions ont changé la géographie humaine d'alors. Les communautés italiennes et balkaniques se sont dispersées dans l'Europe entière et plus spécialement sur les rives du Rhin. Si très vite la christianisation apporte les bulles pontificales et leur antisémitisme institutionnel ; il est vraisemblable que les persécutions envers les juifs ne sont pas massives, voir exceptionnelles, jusqu'au VIIe siècle. Ceci pour plusieurs raisons dont :

-La christianisation de l'occident germanique n'intervient réellement que sous Charlemagne.

-Les zones d'autorités sont effacées ou presque inexistantes dans un occident sans aucun centralisme. 

Ainsi, pendant des décennies, les populations d'Europe occidentales et centrales échappent à des répressions et obligations qui ne tarderont pas à réapparaître. Pourtant les débats entre rabbins et clercs continuent à travers massacrent, persécutions, lois d'exclusions. Ainsi à Cluny – centre du monachisme bénédictin à partir du Xe siècle – des conversations permettent à la théologie chrétienne une très mince évolution. Evolution constatée par les autorités qui ne mettent plus à même échelle les musulmans et les juifs dans leur conception de l'hérétique. Or, les autorités et surtout la papauté agissent à l'inverse du courant imputé par les théologiens les plus progressistes. La première croisade en 1095, appelé par Urban II, lance une vague de massacre bien au-delà de la Terre Sainte. A ce titre les communautés de Worms et de Mayence sont massacrées. Avec la deuxième croisade en 1146 naît l'accusation du meurtre rituel (c'est-à-dire la curie accuse les juifs de faire les halot et les matsot avec le sang des enfants chrétiens.) De plus l'église, avec le concile de Latran IV en 1215, impose aux juifs la couleur jaune (symbolisant la traîtrise), le chapeau pointu et la rouelle. Il ne faut pas croire que seule l'église est la source de cet antisémitisme médiéval. En 629, le roi Dagobert bannit les juifs du domaine royal. En 1290, c'est la monarchie anglaise qui expulse les juifs. Ces bannissements de masse, qui interviennent relativement souvent dans l'histoire des nations, ont pour cause la confiscation des biens certes, mais aussi la dispersion des communautés et leur plus grande fragilité. Suite à la grande peste de 1348 qui attend ainsi la France (elle aura lieu un peu plutard dans le monde germanique), on accuse les juifs de l'empoisonnement des puits. Or, cette fois-ci, ce n'est pas l'Eglise qui applique une politique antisémite mais bien la population. Ceci car le pape Clément VI, dans une bulle pontificale, menace d'excommunication tous les chrétiens qui massacreraient des juifs. Ainsi, l'antisémitisme relève au XIVe siècle un nouveau visage.

    

B. Le passage en Europe Centrale

Le passage en Europe Centrale relève de plusieurs étapes. Tout comme les communautés en Rhénanie, il perdurait des populations juives issues de l'Empire romain. D'autre part, les communautés Babyloniennes qui migrèrent en Crimée commencèrent à peupler les rives du Dniepr, remontant ainsi plus profondément dans les terres. Mais le fait primordial, qui attira les juifs vivant dans les provinces germanophones, se fut l'appel aux errants d'un prince tchèque légendaire : Hostivit et ceci pour peupler Prague et la Bohème. On offrit alors aux juifs le soin de constituer une ville et d'être vassaux du pouvoir. Fait exceptionnel, rare dans le monde médiéval, les juifs étaient considérés. Les princes tchèques se sont montrés protecteurs, vigilant envers ses juifs qui peuplaient la Bohème. Ainsi, en Pologne, en Ukraine, en Bohême, en Hongrie, en Roumanie et en Lituanie, les groupes se dispersent et s'implantent entre le XIVe et le XVIe. Bien entendu, selon les princes, le traitement est différent. Mais l'époque médiévale pour les juifs d'Europe Orientale et Centrale est bien meilleur que dans l'occident (qui est plus proche, dans ses rapports étatiques, avec la papauté).

Nous avons beaucoup parlé des juifs dans les provinces germaniques, cependant il est nécessaire de nuancer. L'Allemagne – telle que nous la connaissons – est une construction du XIXe siècle. Au Moyen-âge, les juifs vivaient dans des principautés de taille assez réduites. Certains princes, l'instar des rois de Bohème et de Hongrie, se montraient assez sympathiques avec les juifs ; d'autres affichaient leur pleine hostilité. La République de Venise (faisant partie du Saint Empire) acceptait assez facilement les commerçants juifs lorsqu'en Poméranie hanséatique on leur interdisait le commerce maritime. Les exemples ne manquent pas, illustrant la complexité des attitudes et des humeurs d'alors. D'où également la multiplications des migrations.  

 

C. La difficile quête des droits

Le peuple Juif mettra du temps à se fixer en occident, mais des régions – sous la protection des princes et des puissants – deviennent plus ou moins hospitalières. Ainsi, lorsque le christianisme connaît une rupture entre le protestantisme et le catholicisme au début du XVIe siècle, les communautés de l'espace germanique préfèrent migrer vers le nord protestant ; parfois à leur propre détriment. En effet, le protestantisme luthérien connaîtra un fort sentiment antisémitisme même si son dogme se veut celui du rapprochement. On comprend alors que certaines communautés, suite aux troubles dans l'Empire germanique, migrèrent en Pologne, en Bohème, en Moravie et en Autriche. Régions qui ne connurent aucunes guerres de religions. Il est bon de noter que dans ce monde chrétien en plein déchirement, l'occident permet une légère – mais réelle – tolérance des communautés juives. En France, en 1565, le pouvoir permet aux Juifs ashkénazes de Metz de résider dans le royaume. Or, à cette date, le pouvoir royal les intègre à l'idée de ghetto. De plus, dans les Provinces-Unies (Pays-Bas), qui se soulèvent en 1568 pour devenir indépendantes en 1609 contre l'Espagne, les juifs obtiennent des droits.

Bien sur, ces quelques progrès n'étouffent pas l'antisémitisme perdurant et violent ; surtout en Pologne, en grande instabilité politique depuis l'établissement de la maison Vasa. En 1648, ils auront raisons de centaines de communautés juives. Les révoltes populaires termineront de tuer les populations sorties des massacres. Le scénario de ces pogroms, maintes fois répétés, se répercute encore dans la littérature de la diaspora issue des régions touchées. D'autres communautés d'Europe Centrale et Orientale subissent également des assauts de cosaques, des massacres populaires ou organisés par le pouvoir.      

 

Lexique

 

- Halot :

Les morceaux de  pain

- Matsot :

Le pain azyme employé à Pessah

 

 

L'époque contemporaine

 

 A. Les juifs, citoyens égaux

Les préceptes de la pensée des Lumières ouvrent les portes à l'égalité des droits. L'indépendance américaine reconnaît en première (dans le préambule de Jefferson sur les droits de l'homme) cette égalité. Mais c'est la Révolution française (1789) qui permet une amélioration notable pour les juifs de France et d'Europe. Elle offre le droit de vote à 3000 juifs portugais pour désigner les députés aux Etats généraux. Mais ce n'est qu'en 1791 que la totalité des juifs de France deviennent citoyens à part entière. Dans le reste de l'Europe, ces mesures prendront du temps avant de s'imposer même si l'idée consistoriale (qui prend naissance sous l'Empire en 1808) se répand par les guerres napoléoniennes. En 1807, des droits leurs sont accordés en Allemagne (Westphalie). Mais ce n'est qu'en 1850 que la mesure est légitimée en Prusse (réaffirmée pour tout l'Empire Allemand en 1871). En Autriche, elle ne s'appliquera qu'en 1867. L'Angleterre avec le Jewish Relief Act offrira en 1858 le droit de vote et les fonctions politiques aux juifs. Mais ils ne pourront entrer à l'université qu'en 1870 et auront la pleine citoyenneté qu'en 1890). L'Europe c'est aussi les Balkans et la Bessarabie sous autorité ottomane. Le statut de dhimmis leur permet tout de même d'occuper des fonctions politiques au sein de l'Empire. Cependant, l'égalité des droits n'intervient qu'en 1839 (pas généralement appliqué jusqu'en 1908).

Si l'égalité est à l'ordre du jour, les fonctions politiques ne leurs sont ouvertes que relativement tard (du à la société encore très antisémite). En France, la bourgeoisie juive ne parvient que très rarement (et souvent en se convertissant au catholicisme) à obtenir des place de députés. Quant au reste de l'Europe, la quête des droits favorisent le commerce mais que très rarement la prise de fonctions réelles. 

 

B. Le rêve gâché

Lors du traité de Vienne (1815) qui réorganise l'espace européen, les réactions antisémites fleurissent sous couvert d'anti-napoléonisme. A Brème et dans plusieurs villes germaniques, les juifs sont expulsés. Dans l'Empire russe, les juifs doivent vivre dans des zones de résidences. En 1881, le tsar promulgue 650 lois d'exceptions contre les juifs. Entre les années 1880 à 1918 – c'est-à-dire sur près de quarante ans – plus de 2000 pogroms ensanglantent l'Europe (soit environ 100.000 morts). Deux courants d'idées prendront naissance dans ce XIXe siècle :

1°) L'assimilation : De nombreux juifs (généralement pour ascendance sociale) se convertissent au christianisme ou permettent les mariages mixtes. L'idée du réformisme commence à faire son chemin (cf. Religion).

2°) Le sionisme : Le sionisme ne naît pas avec Herzl comme il est communément admis. Il reprend les préceptes nationalistes des peuples sans autorité politique dans l'Empire austro-hongrois (comme les Tchèques, les Serbes, les Polonais). Le premier idéologue du sionisme est Nathan Birnbaum (philosophe autrichien) dont les idées sont développées par Herzl suite au drame de l'Affaire Dreyfus en 1896 par son livre l'Etat juif.  

 

C. La première guerre mondiale : le juif patriote

En France, en Angleterre, en Allemagne et dans les pays naissant du traité de Versailles ; on reconnaît que le juif est aussi un patriote à sa manière. Dans tous ses pays sont érigés des monuments aux soldats juifs. La République de Weimar permet enfin aux juifs d'accéder aux fonctions politiques. En France, Léon Blum deviendra un précédant pour l'Europe car il incarne le premier chef d'Etat juif. Les années vingt et les années trente améliorent le sort des communautés même en Pologne. Aux débuts de l'URSS (1921), Lénine favorisait les populations juives en officialisant le yiddish et en permettant aux juifs d'accéder aux fonctions étatiques. Mais n'oublions pas qu'en même temps Lénine envoie au goulag ceux qui ne désirent pas se fondre au modèle socialiste. Egalement, en Allemagne naît le parti nazi.

 

Lexique

 

- Dhimmis :

Non musulmans soumis à l'autorité par un impôt et un statut spécial

 

Mémorial pour les victimes des camps

 

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