Make your own free website on Tripod.com

 

 

Langues juives

 

 

 

De l'hébreu biblique à l'hébreu moderne

L'hébreu est une langue sémitique occidentale qui apparaît (selon les sources écrites) dans les environs du XIIe siècle avant E.C. Elle découle de l'akkadien avec la particularité (à l'inverse de la langue des empires d'Assyrie et de Babylone) d'être alphabétique. En effet, elle dérive du phénicien mais son principe reste sensiblement le même : c'est une langue triconsonantique à laquelle ne s'attache pas de voyelles et dont l'écriture est de droite à gauche. Elle appartient aux langues dites cananéennes (qui regroupe également le phénicien, le punique, le moabite), regroupées dans cette sous-catégorie car proches du glose des lettres d'El-Amarna (source épigraphique, retrouvée dans cette localité).

 

Avec l'araméen (également langue sémitique occidentale) qui apparaît au VIIIe siècle av. E.C, la langue hébraïque va connaître des influences. Influences qui coïncident dans une fourchette allant du VIe au IVe siècle. Elles se retrouvent même dans le Tanakh dans le Sefer Daniel (II-4; VII-28). De même que la Mishna et la Guemara seront composées en Judéo-araméen. L'alphabet carré (utilisée également en yiddish) prendra forme au Ier siècle de l'E.C et sa graphie évoluera tout au long de l'antiquité et du Moyen-âge.

 

L'héritage historique de l'hébreu, tant dans sa formation que dans ses influences, évoluera jusqu'à une langue littéraire, avec une grammaire et une orthographe fixe. Dès le Ve siècle av. l'E.C apparaissent les matres lectionis (supports de lecture) qui organisent les consonnes semi-vocaliques. Mais ce n'est que dix siècles plutard qu'un premier système vocalique apparaît avec l'œuvre des massorètes (les lettrés) ; puis au VIIe siècle avec le système de Tibériade.

Au Moyen-âge, l'hébreu décline. Quoi qu'en disent quelques linguistiques, elle était encore véhiculaire dans la mesure où la majeure partie des enseignements religieux se rédigeait dans ce même idiome ; bien qu'on eut préféré parfois l'arabe (Maïmonide) dans les communautés séfarades. Si les milieux religieux et érudits parlaient un hébreu parfaitement conservé depuis l'œuvre des massorètes, il est presque certains que les plus séculiers ne le comprenaient pas. Le courant hassidique du XVIIIe siècle, relancera – dans sa perspective "d'hébraïser" le culte – la locution en hébreu par l'intermédiaire du système de pilpul.

 

L'hébreu moderne renaît grâce à l'initiative de Eliezer Perelman, alias Ben Yehouda (1858-1922). Il naît en Lituanie où il développe sa culture encyclopédique jusqu'à faire des études de médecine à Paris. Immigrant en Israël en 1881, il milite activement pour la renaissance de la culture hébraïque jusqu'à reprendre la langue biblique pour ériger un hébreu dit moderne. Moderne dans la grammaire (avec des apports issus des langues latines et du yiddish) bien plus que dans le vocabulaire qui est très largement conservé. En 1910, il commencera son œuvre majeure : Dictionnaire complet de l'hébreu ancien et moderne dont les 17 volumes ne seront achevés qu'en 1959. La langue hébraïque moderne a désormais sa propre littérature, grammaire et conjugaison quoi qu'hérité de la culture juive multimillénaires.   

 

Brève histoire du yiddish

Il est dur de savoir à quel moment précis de l'histoire apparaît le yiddish. On fixe sa création vers le XIIe siècle (à en juger des apports des dialectes rhénans anciens) mais il n'apparaît dans une littérature qu'à partir du XIVe siècle. A cette époque, la distinction la plus visible des langues germaniques, s'aperçoit sur l'écriture hébraïque qui le caractérise. C'est plus justement au XVe siècle, profitant de l'humanisme et du renouveau des langues vernaculaires sur le latin, que le yiddish se développe autour d'une grammaire avec plus ou moins de nuances selon les régions.

Le yiddish connaîtra une plus large diffusion et des apports variés au contact des populations slaves lors des grandes immigrations en Europe centrale et orientale. Ainsi, les influences des langues de ces régions évincent très rapidement les multiples apports de l'italien, du français ancien et du saxon. La littérature yiddish ancienne commence doucement à se constituait autour de certains noms comme Elie Baroukh Levita (un juif italien du Nord) ou Yaakov Ben Isaac Ashkenazi (un juif polonais).

D'abord langue des femmes qui n'avaient accès à la littérature religieuse, le yiddish attira un nouveau public dans les masses séculières, chez les marchands juifs et les artisans. Il leur permet d'utiliser cet idiome à dimension européenne dans le langage profane et parfois même économique (on retrouve de nombreuses lettres de change entre marchands de l'espace germanique et slave au XVIIe siècle). Comprenant cet engouement populaire, le hassidisme commencera à délivrer ses enseignements en yiddish. C'est le cas du Shivè HaBesht (Eloge du Besht ou Baal Shem Tov) écrit en 1815.   

Le yiddish moderne survient lors de la seconde moitié du XIXe siècle pour connaître sa dernière évolution en 1937. Il s'illustre d'une fixation – plus ou moins officielle – des grandes régions dialectales (par l'intermédiaire des écrivains de langue yiddish) et par une fixation définitive de son orthographe par l'intermédiaire du YIVO. Avec la destruction des communautés yiddishistes d'Europe par la Shoah, la langue a fortement décru en nombres de locuteurs mais également en nombre de dialectes et d'accents. Aujourd'hui, uniformisé par le YIVO et subissant l'influence anglo-saxonne, le yiddish historique n'existe presque plus.

 

D'autres langues juives ashkénazes

Il existe d'autres langues juives ashkénazes qui disparurent presque toutes avec les communautés qui les employaient ; par la Shoah ou par le régime communiste.

Elles sont généralement en caractères hébraïques, quoi que certaines d'entre-elles se rédigeaient dans l'alphabet local. Voici une liste exhaustive de langues juives ashkénazes, n'hésitez pas à nous contacter pour nous apporter plus de détails les concernant et à rajouter celles que nous n'aurions pas mentionnées :

-          Judéo-araméen

-          Judéo-alsacien

-          Judéo-russe

-          Judéo-ruthène

-          Judéo-kazakh

-          Judéo-azéri

-          Krimchak

 

 

Ce site est soumis aux règles régissant la propriété intellectuelle

www.yiddishfrance.fr.st©